Lao She : le pousse-pousse (骆驼祥子, Luòtuo Xiángzi)

Le pousse-pousse, Lao She

Victime de la Révolution culturelle, Lao She est d’origine mandchoue et issu d’un milieu illettré. Son attachement à sa ville natale, Pékin, son ton satirique et son humour ont fait de lui un écrivain dont l’originalité et la supériorité sont aujourd’hui pleinement reconnus. Le pousse-pousse, écrit en 1936 et considéré comme son chef d’oeuvre, décrit la vie tragique d’un tireur de pousse-pousse pékinois. Le réalisme de l’observation, la rigueur de l’intrigue et une langue riche en images (1) font toute la saveur amère de ce roman qui se passe dans les années 20-30 dans une ville, aujourd’hui disparue,  où tout est régi par la guerre, l’argent et le danger.

Biographie

Lao She, portrait

Né en 1899 à Pékin dans une famille mandchoue dont le père, simple garde du Palais Impérial, est tué une année après lors du conflit des boxers. La mère du futur écrivain est obligée de faire des ménages pour nourrir les siens. Tout en assistant au déclin de ses frères de race, Lao She, malgré ce début difficile dans la vie, réussit à faire des études – couronnées en 1918 par le diplôme de l’Ecole normale de Pékin – qui le mèneront à une carrière d’enseignant.  Nommé directeur d’une école primaire puis inspecteur, il démissionne ne supportant pas la corruption qui règne alors dans l’administration scolaire. Converti à l’anglicanisme, il prône en 1923 l’établissement d’une Eglise proprement chinoise. Sur la recommandation de pasteurs anglais, il est engagé l’année suivante comme assistant à la London School of Oriental Studies.

portrait de Lao She

Lors des cinq années qu’il passe dans la capitale anglaise et à la suite de nombreuses lectures qui lui ouvrent de larges horizons sur la littérature européenne et américaine, il se met à écrire lui-même des romans. Bien qu’immédiatement publiés, ses premiers romans ne le satisfont guère. La Chine qu’il retrouve en 1930 ne lui donne pas les moyens de vivre de sa plume. Il enseignera alors dans les universités de Jinan et Qingdao. et publiera de nombreux romans et nouvelles. Face à la guerre, Lao She, qui est très conscient de sa responsabilité d’écrivain, prend la tête en mars 1938, de la résistance intellectuelle  contre le Japon et écrira plusieurs pièces de théâtre d’inspiration patriotique. Il entreprendra en 1942 un grand roman décrivant la survie de Pékin et de ses habitants sous l’occupation japonaise : Quatre générations sous un même toit. Après trois ans passés aux Etats-Unis, et de retour en Chine en 1949, il écrira plusieurs pièces de théâtre au service du nouveau régime, ce qui lui vaudra en 1951 le titre d’artiste du Peuple. Son admirable Maison de thé, pièce de théâtre publiée en 1957, parvient à restituer toute l’émotion que les vieux Pékinois, depuis la fin du XIXè siècle, ont ressentie face à l’évolution de leur ville. Le 24 août 1966, l’écrivain après avoir été roué de coups par les gardes rouges, est retrouvé mort près d’un lac de la capitale, dans des circonstances qui n’ont toujours pas été éclaircies. Sa réhabilitation n’interviendra qu’en 1978 et sera suivie de la publication posthume de L’enfant du Nouvel-An, oeuvre autobiographique, commencée en 1961, qui n’a malheureusement jamais pu être achevée.

Synopsis

Le pousse-pousse, Lao She

Le Pousse-pousse – d’abord paru en épisodes dans une revue entre 1936 et1937, à la veille de l’invasion japonaise, sera publié sous forme de livre en 1939 – raconte l’histoire de Siang-tse , surnommé le chameau, qui arrive de la campagne à Pékin pour exercer le métier de tireur de pousse pousse. Il est grand, costaud et a un plan : économiser tous les jours pour pouvoir s’acheter son propre pousse pousse et ne dépendre de personne. Il est jeune, il est vigoureux, il est sobre et honnête et a tout l’avenir devant lui. Malgré sa basse extraction sociale, il pense pouvoir économiser assez pour s’en sortir et mener une vie honorable. L’avenir va, peu à peu, lui prouver le contraire, en dépit de tous ses efforts et de ses choix.  On suit la déchéance d’un homme dans un déterminisme social qui fait froid dans le dos. Siang-tse ne peut pas s’en sortir. Pour nous, lecteurs, c’est une évidence que l’on saisit dès les premières pages, contrairement au personnage qui espère encore et encore. Siang-tse redouble d’efforts et d’espoirs jusqu’au moment où, terrassé par les pires épreuves, il « abandonne ». A quoi bon ?

La nature et la ville

Le pousse-pousse, Lao She, Robert Laffont

On passe par des rues obscures, sales, des habitations insalubres, où partout règne la pauvreté. Mais on a aussi droit à de jolies descriptions du ciel, du cycle des saisons – avec tantôt un été caniculaire, tantôt un hiver glacial, dans l’attente du printemps, la meilleure et la plus belle saison avec ses fleurs.

A l’horizon grisâtre, perçait une lueur rouge. Les arbres, au loin, paraissaient plus noirs. Peu après, le rouge et le gris se mêlèrent ; le ciel devint couleur de raisins mûrs, avec par-ci par-là, des taches gris-violet et d’autres franchement rouges. Un point d’un jaune brillant se forma bientôt à l’horizon, donnant naissance à toute une gamme de couleurs chatoyantes. L’orient tourna au carmin, tandis que le reste du ciel virait au bleu. Soudain, les nuages s’ouvrirent, laissant le soleil darder mille rayons d’or. Une vraie toile d’araignée, tissée de lumière. Les champs, les arbres, les herbes passèrent du vert sombre à l’émeraude scintillant. Les branches de sapin se teintèrent de rouge et les ailes des oiseaux étincelèrent. Tout souriait. Devant le spectacle de cette aurore grandiose, Siang-tse eut envie de pousser des cris.

Le petit peuple de Pékin et le personnage de Siang-tse

Le petit peuple, avec ses métiers, ses petits trafics, sa langue savoureuse, ses misères et ses fêtes est l’objet d’une description minutieuse.

Le tireur de pousse, Lao She

Dans cette cour misérable, habitaient une huitaine de familles. La plupart n’occupaient qu’une pièce. Ils s’entassaient à sept ou huit dans un sombre réduit. Ces pauvres gens faisaient toutes sortes de métiers : tireurs de pousse, colporteurs, domestiques, etc. Ils trimaient à longueur d’année pour assurer leur bol de riz.

Les femmes avaient un sort moins enviable encore. Elles devaient faire face à tout : aux plaintes des vieillards, aux maladies des enfants, à la violence de leur mari. Quand elles étaient enceintes, elles ne cessaient pas de travailler et ne se nourrissaient que de bouillons de riz avec des patates. Elles mendiaient aussi. Parfois, elles rapportaient du linge à laver ou à rapiécer la nuit, sous une lampe à pétrole, lorsque tout le monde était enfin endormi. Le vent qui entrait par les fentes des murs de ces pièces exiguës enlevait toute chaleur. Fatiguées, mal nourries – elles donnaient à manger aux vieux et aux petits – elles étaient la plupart du temps malades. A trente ans, elles perdaient leurs cheveux. Elles ne tardaient pas à mourir.

Lao She affirma que le premier souci du romancier devait être de « rendre vivants ses personnages, en faisant en sorte que chacun ait sa propre pensée, ses propres sentiments et qu’aucun n’ait l’air d’une marionnette que l’on peut manier à sa guise.« (2) Il nous fait entrer dans les pensées de Siang-Tse dont la parole est souvent gauche et maladroite. Parfois Lao She fait parler ses personnages à la première personne, pour qu’ils puissent dire ce qu’ils ont sur le coeur et à l’esprit, ou bien il trouve le moyen indirect de révéler leur vie intérieure. Parfois un geste, un fragment de phrase, voire une simple intonation, suffisent à traduire leur état d’âme ou le fond de leur pensée. : Siang-Tse, pendant tout ce temps, n’avait pas dit un mot. Mais il écoutait attentivement les autres parler. Leurs propos avaient beau varier quant au ton, à l’accent et au contenu, ils finissaient tous par maudire l’injustice du sort. Ces paroles, il les buvait littéralement, tel un sol assoiffé qui résorbe en un clin d’œil les gouttes d’une pluie longtemps attendue. Taciturne et solitaire qu’il était, il eût été bien en peine de dire clairement ce qu’il avait sur le cœur ; il ne pouvait ruminer l’amertume de l’existence qu’à travers les mots des autres. Tout le monde menait la vie dure, et lui n’y faisait pas exception ; à la pensée de ses propres misères, il se sentait en communion avec les autres. Quand ils racontaient quelque chose de triste, il plissait lui aussi le front ; quand ils plaisantaient, il esquissait un sourire, respirant ainsi du même souffle qu’eux. N’étaient-ils pas tous dans le même pétrin ? D’ordinaire, il fuyait ces conversations, considérant que ce n’étaient là que parlotes, commérages et perte de temps. Mais voilà que ce soir-là, pour la première fois, il trouvait en chacun un porte-parole !

Image du film de Ling Zifeng, The rickshaw boy, 1982

 

Taciturne et solitaire, Siang-tse ne parvient à se sentir moins seul  qu’en se perdant lui-même en quelque sorte.

Les sarcasmes dont il venait d’être accablé lui faisaient mal. Il en vint à se demander si sa manière de vivre était vraiment la bonne. Les autres qui se bagarraient à tout bout de champ et qui ne mangeaient pas à leur faim ne s’en portaient pas plus mal. Au fond, était-ce payant d’être correct et honnête ? Il voyait s’ouvrir devant lui une autre voie qui lui permettrait de faire entièrement peau neuve : être l’ami de tout le monde        ; chercher partout le profit ; boire le thé et fumer les cigarettes des autres sans vergogne ; ne jamais rendre l’argent emprunté ; ne jamais laisser le passage aux voitures ; pisser partout où il pourrait ; jouer des tours pendables aux agents et ne pas craindre de passer deux ou trois jours au violon… Oui, pourquoi ne pas devenir un voyou ? Les tireurs de ce genre arrivaient à vivre aussi, et même joyeusement. Ça leur donnait par-dessus le marché un air de héros endurci qui n’a peur de rien.

Le travail

On suit sa déchéance à travers sa déshumanisation, écrasé et broyé par une société sans pitié.

Siang-Tse ne répondit rien. Il ne réagissait plus : il avait appris à être fataliste. Il mangerait s’il y avait à manger et travaillerait s’il y avait du travail. Ainsi, une journée passerait vite. Comme un mulet tournant autour d’une noria, il ne se demandait plus pourquoi il trimait.

Une chose lui sautait aux yeux : la vie du pauvre ressemblait fort à un noyau de jujube, avec ses deux bouts pointus et son milieu bombé. Les deux bouts pointus, c’est son enfance et sa vieillesse, démunies de tout, risquant à tout instant d’être écrasées, mises en miettes, tandis que le milieu bombé évoque sa jeunesse où la force physique lui permet de profiter quelque peu de la vie.(…) Pourquoi ne pas chercher le plaisir immédiat en se foutant du reste ?.»

L’auteur fait le sombre constat que l’honnêteté ne fait pas le poids face aux combines et aux personnages sans-scrupules et brosse le tableau sans complaisance et critique, parfois de manière burlesque, d’ un monde essentiellement matérialiste et corrompu.

Rickshaw boy, Ling Zifeng ,affiche

L’argent

La société chinoise des années 1930 est dépeinte comme viciée et mortifère, gangrenée à tous les niveaux par une course générale à l’argent, les uns pour s’enrichir les autres pour survivre, ces derniers n’ayant aucun espoir, finalement, de voir des jours meilleurs. Une société qui finit par corrompre même les éléments les plus purs comme Siang Tse pour qui l’argent est en effet la principale préoccupation. Mais honnête, il ne veut voler, ni acheter à crédit, ni emprunter. Ce qui lui vaut l’incompréhension totale de tout le monde et l’isole un peu plus de ses semblables.

-Et si je te prêtais de l’argent ? Ce serait à un pour cent d’intérêt. Ailleurs tu en aurais pour deux et demi.

Siang Tse fit un signe de refus.

-Et moi, reprit le vieux, je te dis, grosse andouille, que tu as intérêt à me payer ce un pour cent, plutôt que d’acheter ton pousse à crédit.

-Non je ne veux pas acheter à crédit, dit Siang-tse d’un ton pensif. J’économiserai petit à petit, et je paierai comptant.

Le vieux Lou le regarda d’un air ahuri, comme s’il se trouvait devant une page de caractères mal écrits et indéchiffrables ; ça l’agaçait, sans qu’il vît aucun motif de se mettre en colère.

Pour d’autres, l’argent se prend partout, quel que soit le moyen, quitte a en avoir des remords par la suite :

Tch’iang-tse le Second, un locataire de la cour, cherchait justement à vendre son pousse. L’été précédent, il avait déjà vendu sa fille de dix-neuf ans, Petite Fou-tse, à un militaire pour deux cents yuans qui lui avaient permis de vivre grassement pendant quelques temps. (…) La vente de sa fille lui pesait sur la conscience. Il s’adonna à la boisson.

Siang-tse devient obsédé par l’argent, au détriment de sa santé ou de son honneur, ce qui l’isole encore plus des autres.

S’il aimait de moins en moins desserrer les cordons de sa bourse, il était de plus en plus âpre au gain. Il s’était fixé une certaine somme pour les recettes de chaque jour. Tant qu’il ne la dépassait pas, il ne rentrait pas. Souvent, il rentrait tard dans la nuit, sans aucun égard pour ses pauvres jambes. Autrefois, il ne daignait jamais disputer les clients aux tireurs âgés. maintenant, il était sans scrupule. Obsédé par la nécessité de gagner de l’argent, il bondissait sur toutes les occasions, comme un fauve affamé sur sa proie. Seul le travail sans relâche pouvait lui rendre son pousse. Il va sans dire que , du coup, le Chameau tomba de cinquante crans dans l’estime des autres tireurs.

Le fatalisme et la déchéance

Le même souci du détail pour nous amener à comprendre l’incapacité de ses personnages à se sortir de leur marasme, englués qu’ils sont, dans une société qui les manipule, les broie, pour finalement les absorber contre leur gré ou les rejeter violemment.

Il est naturel qu’un tireur de pousse se saigne aux quatre veines et se nourrisse de n’importe quoi. Il est normal qu’il fournisse le plus d’énergie possible contre le salaire le plus dérisoire et qu’il occupe la dernière place dans la société, en attendant d’être frappé par les lois et les hommes, et miné par toutes sortes de souffrances.

Lui, le malheureux, le déchu, l' »individualiste » qui croyait pouvoir réussir tout seul, quand donc serait-il enterré avec cette société cruelle et pourrie qui l’avait enfanté?

Un regard sur ses haillons et sur la nudité de ses chameaux le fit sourire de nouveau. En tout, lui compris, quatre pauvres animaux ratatinés qui marchaient au soleil. Point n’était besoin de savoir ce qui était juste ou injuste ; le Ciel décidait de tout.

Le roman vaut autant pour sa description du Pékin des années 1920 que pour la trajectoire singulière et pourtant habituelle d’un homme aux rêves humbles, lesquelles se brisent sur le mur d’une réalité complexe et dure pour ceux qui n’ont ni argent ni relations.

Siang-tsé, le gaillard superbe, le tireur de premier plan, devint maigre et crasseux, et se rangea parmi les tireurs de la dernière catégorie…..
Autrefois il avait une conscience autrement plus noble de sa profession: il avait à charge une vie humaine!
Maintenant, un accident qui coûterait la vie à son client ne lui ferait ni chaud ni froid. Un homme, c’est fait pour mourir, non!

Ce roman, qui n’est pas sans rappeler ceux de Zola, est une critique acerbe de la société chinoise de l’époque et le véritable testament d’une catégorie sacrifiée où l’on assiste parallèlement à la disparition d’un monde et à la déchéance d’un homme. Il a donné lieu en 1982 à une adaptation filmique, récompensée par plusieurs prix. (3)

Nous terminerons cet article par une citation de l’écrivain Le Clézio extraite d’un article rédigé à la sortie d’un recueil de nouvelles en 1982 .  D’après lui, « écrire, c’est alors réussir à dire sans complaisance ce qu’est la vie humaine dans cette époque de doute et de trouble, c’est laisser cette trace, non comme un témoignage (pour quel procès de l’humanité ?), mais pour accomplir un acte, pour prendre parti dans cette violence d’un monde en état de guerre contre lui-même. Écrire, c’est chercher à exprimer cette union de l’homme et du monde extérieur, de la vérité et de la réalité dangereuse ».

Notes

(1) La question de la restitution de la langue parlée, des métaphores, des niveaux de langue se pose naturellement en traduction. Il existe plusieurs traductions du roman, mais les nombreuses images et comparaisons qui parsèment le texte donnent un relief certain à une écriture dont on ne peut saisir toutes les nuances en traduction.

1947, Coeur-joyeux, coolie de Pékin, trad. Jean Poumarat, Ed.Arthaud. Cette version est traduite de l’américain, elle est partielle, et la fin a été modifiée en happy end.

1973, Le pousse-pousse,Ed. Robert Laffont, coll. Pavillons, trad. François Cheng.

La nouvelle version de Luotuo xiangzi, traduit par François Cheng en 1973, a ouvert véritablement la voie pour une meilleure connaissance de Lao She au sein du grand public en France. En comparaison avec Jean Poumarat, François Cheng, né en Chine, possédait une base beaucoup plus solide de la littérature et de la culture chinoises, ce qui lui permettrait de pénétrer plus profondément dans l’œuvre elle-même et de dévoiler ses qualités littéraires : « C’est un livre du peuple, écrit pour le peuple (il parut d’abord en feuilleton dans une revue) dans la langue du peuple, ce qui lui conféra, à l’époque, une valeur vraiment révolutionnaire ». Grâce à la bonne maîtrise des deux langues du traducteur, cette version recourt à l’édition de Pékin en 1955, tout en « rétablissant certaines coupures – notamment le dernier chapitre », afin de redonner au livre sa « part de vérité, d’authenticité, et même plus simplement, de mouvement romanesque».

 

1985, Le tireur de pousse, trad. révisée par Denise Ly-Lebreton, Éditions en langues étrangères, collection « Phénix », 1985

1990, 1995, Le pousse-pousse, trad. François et Anne Cheng, Ed. Piquier, coll. poche.

(2)  Dans « Essai autocritique sur le roman et l’humour, PUF, 1973

(3) Rickshaw Boy (en), 1982, par Ling Zifeng, avec Zhang Fengyi, Siqin Gaowa dans les principaux rôles.

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