Esthétique japonaise : le wabi-sabi

calligraphie du terme wabi sabi

Quasiment depuis son émergence, l’esthétique japonaise du wabi-sabi a été associée à la cérémonie du thé et, de près ou de loin, au bouddhisme Zen. Il illustre en effet de nombreux principes spirituels, éthiques ou philosophiques du Zen. Il est vrai que le wabi-sabi fut au départ une affaire de personnes (maîtres de thé, prêtres ou moines) qui avaient tous pratiqué le zen et en avaient l’esprit imprégné. Mais le Zen étant anti-rationaliste, toute définition claire et explicative du wabi-sabi fut soigneusement écartée. Ce d’autant plus que son »indescriptibilité » est un caractère inhérent à son incomplétude. Comment décrire l’incomplet, l’imperfection, l’éphémère ou l’impermanence ? Nous verrons que le terme renvoie  à un concept esthétique autant qu’à une disposition spirituelle.  Lire la suite de « Esthétique japonaise : le wabi-sabi »

L’esprit Mingei selon Yanagi Soetsu

kanjiro kawai, bol

Kanjiro Kawaï, bol, Japon, XXe s.

C’est en 1925, qu’est créé, au Japon, le terme mingei par le penseur, écrivain et collectionneur Yanagi Soetsu (1889-1961). Le mouvement sera animé par lui-même et deux potiers, Hamada Shôji (1894-1978) et Kawai Kanjirô (1890-1966). S’ouvre alors le débat entre la pérennité des cultures traditionnelles et l’adoption de la civilisation industrielle ; ils s’alarment de la disparition des artisanats ruraux japonais que contribue à révéler Yanagi Soetsu et partagent leur foi dans la valeur éthique que doivent avoir les objets les plus usuels de la vie quotidienne. Ces objets trouvent leur valeur dans l’exigence d’efficacité  et de qualité et dans la beauté qui résulte des pratiques et de l’intuition créatrice. Nouveau débat sur le rapport entre la forme et la fonction, qui trouve ici une réponse éthique et aiguille notre réflexion sur la distinction — aux frontières discutées et discutables — entre art et artisanat à l’éclairage de la vie quotidienne et de la spiritualité.  Lire la suite de « L’esprit Mingei selon Yanagi Soetsu »

Tanizaki Junichiro, Eloge de l’ombre

Tanizaki Junichiro, Eloge de l’ombre, Ed Verdier, 1978, 91p.

 

tanizaki
L’on connaît les romans de Tanizaki, mais moins ce petit texte, pourtant devenu culte, réflexion sur la conception japonaise du beau. Ecrit en 1933, il fut traduit en 1978, par René Sieffert, éminent japonologue qui traduisit également et entre autres l’œuvre magistrale du Dit du Gengi, équivalent japonais  des Mille et une nuits, écrit au septième siècle par Dame Murasaki Shikibu.
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