Lao She : le pousse-pousse (骆驼祥子, Luòtuo Xiángzi)

Le pousse-pousse, Lao She

Victime de la Révolution culturelle, Lao She est d’origine mandchoue et issu d’un milieu illettré. Son attachement à sa ville natale, Pékin, son ton satirique et son humour ont fait de lui un écrivain dont l’originalité et la supériorité sont aujourd’hui pleinement reconnus. Le pousse-pousse, écrit en 1936 et considéré comme son chef d’oeuvre, décrit la vie tragique d’un tireur de pousse-pousse pékinois. Le réalisme de l’observation, la rigueur de l’intrigue et une langue riche en images (1) font toute la saveur amère de ce roman qui se passe dans les années 20-30 dans une ville, aujourd’hui disparue,  où tout est régi par la guerre, l’argent et le danger. Lire la suite de « Lao She : le pousse-pousse (骆驼祥子, Luòtuo Xiángzi) »

CHI LI , Tu es une rivière

Chi Li, Tu es une rivière

Quand Lala devient veuve, elle a trente ans, sept enfants.  Elle ne se remarie pas, souhaitant conserver le semblant de liberté que lui assure son nouveau statut. Mais nous sommes en 1964, les temps sont durs en Chine, et toute la famille doit se mettre au travail. A la fois cruel et douloureusement ironique, ce roman analyse avec finesse tant les rapports entre mère et enfants, que ceux qui règnent au sein même de la fratrie. Mais ces destins individuels sont aussi un prisme à travers lequel Chi Li nous propose la relecture d’un quart de siècle particulièrement mouvementé. L’auteur parvient ainsi à relier magistralement la grande histoire et la petite, tout en soulevant des questions universelles sur les multiples façons d’échapper à l’amour maternel ou de le mendier. Lire la suite de « CHI LI , Tu es une rivière »

Kafû : Du côté des saules et des fleurs (udekurabe)

Kafû, Du côté des saules et des fleurs, Traduction : Catherine Cadou, Ed.Picquier Poche, 2019

« Les saules et les fleurs » – comprendre : les hommes et les femmes – c’est ainsi que l’on nommait les quartiers de geishas, à Tôkyô, au début du siècle. Du côté des saules et des fleurs est un roman d’amours et de jalousies compliquées  au parfum nostalgique, dans l’intimité des maisons de plaisir. Manigances et ragots, mais également grands sentiments et lyrisme alternent dans ce roman au rythme lent qui nous immerge littéralement dans le monde vacillant des personnages.

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Les aventures du juge Ti (1) : Robert Van Gulik

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Grand érudit et véritable polyglotte, le hollandais Robert Van Gulik (1910-1967) s’est initié à la poésie et à la calligraphie chinoises, au tibétain, au sanscrit, à la philosophie bouddhiste. C’est en 1948, au Japon, qu’il traduit un roman policier chinois, le Dee Gong An, ou Affaires résolues par le juge Ti, authentique fonctionnaire de l’époque Tang. S’inspirant de l’art des vieux récits chinois, il écrit alors 24 récits policiers fictifs, qui font découvrir au lecteur occidental maints aspects de la vie sociale de la Chine des Tang.

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YAN Lianke : Songeant à mon père

Yan Lianke, Songeant à mon père, Ed.Piquier, 2010

Né en 1958 dans une famille de paysans illettrés du Henan, Yan Lianke s’engage dans l’Armée populaire en 1979, dont il est limogé en 2004. Il a d’abord été écrivain officiel de l’armée, avant de composer des œuvres puissantes et empreintes de liberté, souvent mises à l’index par la censure. « Je ne veux me rendre ni au pouvoir politique ni au marché. Je préfère garder ma dignité, même si cela signifie mourir de faim. J’ai cette conviction dans le sang. » En 1984, il est diplômé de département politique de l’université du Henan et, en 1991, diplômé de la section de littérature de l’Académie des Beaux-Arts. Il a reçu en 2014 le prix Franz Kafka pour l’ensemble de son œuvre. « Songeant à mon père » paraît en 2008 et est traduit en français, en 2010. 

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OGAWA Ito : La papeterie Tsubaki

Ogawa Ito, La Papeterie Tsubaki, ©Ed Piquier

Hakoto a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand mère. Elle fait ses premiers pas comme écrivain public, car sa grand mère lui a enseigné dès le jour de ses six ans  l’art difficile de la calligraphie, art pratiqué par sa famille depuis l’époque d’Edo. Le choix des mots, la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre, qui « incarne » véritablement l’expéditeur. Elle répond aux souhaits les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : avis de décès pour un singe, cartes de voeux, annonce de divorce, lettres de condoléances, billet doux, lettres d’adieux, ou encore message d’excuses après une bourde commise lors d’une soirée alcoolisée.

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Mineko Iwasaki , Ma vie de geisha

Ma vie de de geisha, Mineko Iwasaki

Mineko Iwasaki (岩崎峰子), de son vrai nom Masako Tanaka, est née le 2 novembre 1949 à Kyôto et a été une des plus grandes geiko (geisha)¹ du quartier de Gion à Kyôto. En 1997, elle est consultée par l’auteur américain Arthur Golden qui souhaite avoir son témoignage pour l’élaboration de son roman « Geisha ». Plus tard, elle regrettera ces confidences et attaquera Golden en justice pour violation de confidentialité. Mécontente des libertés que l’auteur s’est permis de prendre dans son roman (la mise aux enchères prétendument rituelle de la virginité de l’héroïne notamment), Mineko Isawaki décide alors de publier son propre livre, aidé par l’américain Rande Brown, « Ma vie de Geisha ».
Témoignage personnel, son livre est également une source de renseignements sur la vie d’une geisha, son éducation et son évolution. On y apprend la hiérarchie et l’économie d’une okiya (maison de geisha), son organisation, ses règles. C’est également le monde du luxe et des arts, mais aussi celui de la discipline, archaïque, qu’elle quittera à l’âge de 29 ans. Lire la suite de « Mineko Iwasaki , Ma vie de geisha »

Xinran : Mémoire de Chine

Xinran, mémoires de ChineXinran a parcouru toute la Chine, des métropoles aux provinces les plus  reculées. Elle a rencontré une génération, grands parents et arrières-grands-parents, qui décrivent avec leurs propres mots les transformations qui ont définitivement changé la Chine au cours du siècle passé. Ils parlent de leurs vies, de leurs espoirs, de leurs peurs, de leurs souffrances, de leur lutte, de leurs regrets — de ce qu’ils ont vu et ressenti — eux qui ont connu guerres, insurrections, persécutions, invasions, révolutions, famines, modernisation, occidentalisation, et qui ont survécu pour entrer dans le XXI ème siècle.

Traduction : Prune Cornet, Picquier Poche, éd.o. 2009, trad. 2010, 711 p.

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Kazuzo Okakura, le livre du thé

Kakuzo Okakura, Le livre du théKazuzo Okakura, Le livre du thé, Ed. Payot, Coll.Rivages poche, 139 p. Traduction de l’anglais par Gabriel Mourey.

La cérémonie du thé est un culte basé sur l’adoration du beau parmi les vulgarités de l’existence quotidienne. Il inspire à ses fidèles la pureté et l’harmonie.(…) Il est essentiellement le culte de l’imparfait, puisqu’il est un effort pour accomplir quelque chose de possible dans cette chose impossible que nous savons être la vie.

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TADAO ANDO : Du béton et d’autres secrets de l’architecture

Tadao Ando, Du béton et d’autres secrets de l’architecture, Ed.de L’arche, 2007, 125 p. Traduction de l’anglais par Leonor Baldaque.

Tadao_Ando, portraitAutodidacte, Tadao Ando se considère comme un constructeur, un artisan. Il fut fortement influencé par le quartier ouvrier dans lequel il grandit, dont il affirme qu’il a façonné son art et son coeur. « Ces gens étaient si occupés à vivre et à construire qu’ils faisaient de la construction une activité pleine de joie. Construire quelque chose n’était pas un problème pour eux, mais une façon de vivre. » Lire la suite de « TADAO ANDO : Du béton et d’autres secrets de l’architecture »