Histoire et art du thé en Chine (1)

Représentation du XIXe siècle de Lu Yu et du thé.

Représentation du XIXe siècle de Lu Yu et du thé.

Des empereurs, des paysans, des anachorètes taoïstes, des moines bouddhistes, des médecins ambulants, des mandarins (fonctionnaires lettrés de la vieille Chine), des artisans, des potiers, des poètes, des chanteurs, des peintres, des architectes, des jardiniers paysagistes, des membres de tribus nomades qui troquaient des chevaux contre des briques de thé et des hommes d’Etat qui se servaient du thé pour se débarrasser des candidats envahisseurs ont tous joué un rôle dans la longue histoire du thé en Chine. Cependant, jamais les Chinois n’ont mis au point une cérémonie du thé aussi élaborée que celle des Japonais (chanoyu, voir ici), ce qui, d’ailleurs, aurait été en contradiction avec le sentiment de spontanéité et de naturel, issu du taoïsme, inhérent au fait de boire du thé. Lire la suite de « Histoire et art du thé en Chine (1) »

Les origines de l’estampe ukiyo-e : image du monde flottant

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Torii Kiyomasu –

Le terme ukiyo-e désigne l’art des graveurs d’estampes, ainsi que celui des peintres et des écrivains qui travaillèrent dans le même esprit. Il signifie « image (-e) du monde flottant » et fut employé pour la première fois par l’écrivain Asai Ryôi en 1661. Il reprend la notion bouddhiste de l’impermanence du monde visible imprégnée de mélancolie poétique. La conscience d’un temps compté et l’amour  des choses les plus simples de la vie inspirent aux artistes le désir de représenter leur propre existence ce dont personne ne s’était jusque-là soucié. Les relations entre les peintres, les écrivains et les poètes vont rester constantes à travers tout l’ukiyo-e. Nous n’aborderons ici que l’estampe et non la peinture de l’ukiyo-e.

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Isamu Noguchi (1) : les meubles et les luminaires

Biographie

Isomu Noguchi, phtographie © KAZUMI KURIGAMI

Isomu Noguchi, photographie © KAZUMI KURIGAMI

Isamu Noguchi, né en 1904 à Los Angeles, fils du poète japonais Yone Noguchi et de l’écrivaine américaine Leonie Gilmour, étudie à l’Université de Colombia et à la Leonardo da Vinci Art School, à Florence en Italie. Il fonde ensuite son premier atelier et obtient en 1927 une bourse de la fondation Guggenheim. Isamu Noguchi devient l’assistant de Constantin Brancusi à Paris et présente sa première exposition personnelle à New York. Après avoir étudié l’art du pinceau en Chine, il se rend au Japon et travaille l’argile chez le maître potier Jinmatsu Uno. Lire la suite de « Isamu Noguchi (1) : les meubles et les luminaires »

Lee Ufan (2) : les peintures

Lee Ufan From winds

Lee Ufan From winds

Ce deuxième article sur Lee Ufan s’attachera plus particulièrement à sa peinture. (Pour ses dispositifs en trois dimensions et sa biographie, voir ici.) Excepté les premiers tableaux qui montrent une toile entièrement couverte d’une seule couleur, les suivants, déclinés en séries qui se renouvelleront toutes les décennies, montreront points et lignes, traits libres, puis touches de couleurs — passant progressivement au noir et blanc — qui dialogueront avec le blanc de la toile laissé vierge. Comme pour ses dispositifs de pierre et de métal, l’effacement de la marque de l’artiste est au coeur de la recherche de Lee Ufan, dont l’oeuvre plastique se caractérise par une ascèse et une sobriété qui sont le reflet d’une philosophie de l’interaction avec l’Autre. Lire la suite de « Lee Ufan (2) : les peintures »

Lee Ufan (1) : des pierres et du métal

 

Lee Ufan, relatum-dialogue, 2008

Lee Ufan, relatum-dialogue, 2008

Lee Ufan (coréen : 이우환, hanja : 李禹煥), ou Lee U-fan, est un artiste et critique d’art sud-coréen né le à Haman-gun dans le sud de la péninsule coréenne. Son oeuvre se partage entre installations de pierres, dont nous parlerons ci-dessous, et peintures, qui feront l’objet d’un autre article.  Lire la suite de « Lee Ufan (1) : des pierres et du métal »

Les jardins-promenades de la Période Edo

jardin Rikugi'en

jardin Rikugi’en

La période Edo (1603-1867) voit fleurir le genre du jardin-promenade ( chisen kaiyu : plusieurs scènes). La plupart de ces jardins, propriétés des shôgun et des daimyô, se trouvent dans la capitale et les villes-fortes de la province : tels sont le Rikugien (Tokyo), le Kôraku’en (Okayama), le parc Ritsurin (Takamatsu) et le Suizenji (Kumamoto). Quelques uns, aux alentours de Kyoto, agrémentent les palais impériaux, comme Katsura et Shugakuin. Commandés par des hommes qui possédaient de grosses ressources financières, les jardins-promenades sont de grandes dimensions, recouvrant parfois plusieurs dizaines d’hectares. Ces jardins sont pensés comme une oeuvre d’art qui donne à voir une succession de tableaux. Lire la suite de « Les jardins-promenades de la Période Edo »

Xinran : Mémoire de Chine

Xinran, mémoires de ChineXinran a parcouru toute la Chine, des métropoles aux provinces les plus  reculées. Elle a rencontré une génération, grands parents et arrières-grands-parents, qui décrivent avec leurs propres mots les transformations qui ont définitivement changé la Chine au cours du siècle passé. Ils parlent de leurs vies, de leurs espoirs, de leurs peurs, de leurs souffrances, de leur lutte, de leurs regrets — de ce qu’ils ont vu et ressenti — eux qui ont connu guerres, insurrections, persécutions, invasions, révolutions, famines, modernisation, occidentalisation, et qui ont survécu pour entrer dans le XXI ème siècle.

Traduction : Prune Cornet, Picquier Poche, éd.o. 2009, trad. 2010, 711 p.

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Corée, la porcelaine blanche de la période Joseon

Coupe à vin, porcelaine blanche, H. 4 cm. xve siècle. Musée national de Corée

Coupe à vin, porcelaine blanche, H. 4 cm. xve siècle. Musée national de Corée

Au commencement de la période Joseon (1392-1897), inspirés par la porcelaine Yuan et Ming venant de Chine, les potiers coréens parvinrent à produire de la porcelaine à pâte dure. Il fallait une cuisson à très haute température (1300°C ou davantage) pour que le processus de transformation de la matière soit complet. La porcelaine dure ainsi obtenue était extrêmement solide et d’une blancheur lustrée de toute beauté. D’une grande technique, ces porcelaines sont caractérisées par une élégance de formes sans prétention, simple et pure, à la fois austère et sensuelle. Lire la suite de « Corée, la porcelaine blanche de la période Joseon »

Chanoyu : la cérémonie du thé au japon

Kasmatsu, Tea Ceremony

Kasmatsu, Tea Ceremony

Le terme japonais cha-no-yu (littéralement : eau chaude pour le thé) est traduit par « cérémonie du thé » en français, ce qui donne une impression de formalité solennelle. Le terme de sadô ou chadô est également employé et signifie voie du thé (Concernant la signification du mot en japonais, voir ici.). D’un côté, nous avons le « rituel ou le service » du thé (chanoyu) et de l’autre la « voie, l’art, le chemin » du thé (chadô). Le premier parlera d’actes, le second de signification et de spiritualité. Bien qu’il s’agisse des deux versants d’une même réalité, nous parlerons ici de chanoyu. L’on peut se faire une idée du chadô( sadô) à travers le livre de Soshitsu Sen, Vie du thé, esprit du thé (voir ici). L’emploi de ces termes est inscrit dans l’histoire générale de la cérémonie du thé et du bouddhisme zen.

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