Confucius (I) : histoire, légende et iconographie

 

portrait de Confucius, estampage 1691, d'après un peinture du 8 ème S., gravée en 1118

portrait de Confucius (détail), estampage 1691, d’après une peinture du 8 ème S., gravée en 1118

Confucius, en chinois : Kongzi ou Kongfuzi (maître Kong). Confucius — nom latinisé par les jésuites au XV ème siècle — aurait vécu entre le VI ème  et le V ème siècle avant Jésus-Christ, période des Printemps et Automnes (722-481) sous la dynastie des Zhou orientaux (769-256) ; les dates traditionnelles sont 551-479. Conseiller des princes et maître spirituel, il est né dans une Chine troublée qu’il voulait réformer. Le peu que l’on sait de lui est d’origine tardive et d’authenticité douteuse. Sa première biographie a été rédigée près de quatre cents ans après sa mort, et de toute évidence par la volonté de produire un récit qui décrit un homme extraordinaire. Ce récit oscille entre l’hagiographie, la légende et le récit historique. Lire la suite de « Confucius (I) : histoire, légende et iconographie »

Mingki : figurines funéraires de la dynastie Tang (619-907)

Dynastie Tang ( 618-906 ) quatre musiciennes, polychromie rouge et noire H.26,4cm

A l’époque Tang, les tombes de la maison impériale et de l’aristocratie abondent en statuettes funéraires, les mingki, dont bon nombre représente des femmes, s’adonnant aux activités et aux divertissements les plus variés. Les figurines humaines nous donnent une foule de renseignements sur la vie quotidienne des Tang, que ce soit sur l’organisation de la société, les loisirs, les vêtements, ou encore les techniques artistiques. Lire la suite de « Mingki : figurines funéraires de la dynastie Tang (619-907) »

La peinture de bambou en Chine (3) : Zheng Xie (1693-1765)

Zheng Xie, encre sur papier,178 x 96 cm

Egalement appelé Zheng Banquiao, renommé pour sa calligraphie autant que pour sa peinture, Zheng Xie est né en 1693 et mort en 1765 à Yangzhou. Fonctionnaire sous la dynastie des Qing, (mandchous, 1644-1911), calligraphe, poète et peintre, spécialisé dans la peinture de bambous, de rochers et d’orchidées, il faisait partie des « huit excentriques de Yangzhou » et vécut de sa peinture.  Lire la suite de « La peinture de bambou en Chine (3) : Zheng Xie (1693-1765) »

Lao She : le pousse-pousse (骆驼祥子, Luòtuo Xiángzi)

Le pousse-pousse, Lao She

Victime de la Révolution culturelle, Lao She est d’origine mandchoue et issu d’un milieu illettré. Son attachement à sa ville natale, Pékin, son ton satirique et son humour ont fait de lui un écrivain dont l’originalité et la supériorité sont aujourd’hui pleinement reconnus. Le pousse-pousse, écrit en 1936 et considéré comme son chef d’oeuvre, décrit la vie tragique d’un tireur de pousse-pousse pékinois. Le réalisme de l’observation, la rigueur de l’intrigue et une langue riche en images (1) font toute la saveur amère de ce roman qui se passe dans les années 20-30 dans une ville, aujourd’hui disparue,  où tout est régi par la guerre, l’argent et le danger. Lire la suite de « Lao She : le pousse-pousse (骆驼祥子, Luòtuo Xiángzi) »

La peinture de bambou en Chine (1) : Wen Tong (1019-1079)

Wen Tong (1018-1078), (attibué à) bambou,

Instrument des lettrés lorsqu’il est utilisé comme manche de pinceau ou d’étui pour ceux-ci, le bambou, découpé en lamelles qui étaient reliées entre elles par de fines cordelettes.  servait également de support pour écrire avant l’invention du papier. Omniprésent dans la peinture de paysage, le bambou, en raison de la structure très graphique de son tronc, composé par convention du premier trait de calligraphie, et de son feuillage nuageux, a toujours été un motif privilégié par les peintres calligraphes aussi bien que par les poètes. Lire la suite de « La peinture de bambou en Chine (1) : Wen Tong (1019-1079) »

CHI LI , Tu es une rivière

Chi Li, Tu es une rivière

Quand Lala devient veuve, elle a trente ans, sept enfants.  Elle ne se remarie pas, souhaitant conserver le semblant de liberté que lui assure son nouveau statut. Mais nous sommes en 1964, les temps sont durs en Chine, et toute la famille doit se mettre au travail. A la fois cruel et douloureusement ironique, ce roman analyse avec finesse tant les rapports entre mère et enfants, que ceux qui règnent au sein même de la fratrie. Mais ces destins individuels sont aussi un prisme à travers lequel Chi Li nous propose la relecture d’un quart de siècle particulièrement mouvementé. L’auteur parvient ainsi à relier magistralement la grande histoire et la petite, tout en soulevant des questions universelles sur les multiples façons d’échapper à l’amour maternel ou de le mendier. Lire la suite de « CHI LI , Tu es une rivière »

Les aventures du juge Ti (1) : Robert Van Gulik

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Grand érudit et véritable polyglotte, le hollandais Robert Van Gulik (1910-1967) s’est initié à la poésie et à la calligraphie chinoises, au tibétain, au sanscrit, à la philosophie bouddhiste. C’est en 1948, au Japon, qu’il traduit un roman policier chinois, le Dee Gong An, ou Affaires résolues par le juge Ti, authentique fonctionnaire de l’époque Tang. S’inspirant de l’art des vieux récits chinois, il écrit alors 24 récits policiers fictifs, qui font découvrir au lecteur occidental maints aspects de la vie sociale de la Chine des Tang.

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YAN Lianke : Songeant à mon père

Yan Lianke, Songeant à mon père, Ed.Piquier, 2010

Né en 1958 dans une famille de paysans illettrés du Henan, Yan Lianke s’engage dans l’Armée populaire en 1979, dont il est limogé en 2004. Il a d’abord été écrivain officiel de l’armée, avant de composer des œuvres puissantes et empreintes de liberté, souvent mises à l’index par la censure. « Je ne veux me rendre ni au pouvoir politique ni au marché. Je préfère garder ma dignité, même si cela signifie mourir de faim. J’ai cette conviction dans le sang. » En 1984, il est diplômé de département politique de l’université du Henan et, en 1991, diplômé de la section de littérature de l’Académie des Beaux-Arts. Il a reçu en 2014 le prix Franz Kafka pour l’ensemble de son œuvre. « Songeant à mon père » paraît en 2008 et est traduit en français, en 2010. 

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Yan Pei-Ming (1): Le portrait revisité

YAN PEI-MING, Yan Pei-Ming- Blue Portrait of the Artist, 2016, oil on canvas, 50 × 50 cm. Courtesy MDC Hong Kong.

Yan Pei-Ming (严培明 ) est un artiste peintre français d’origine chinoise, né en 1960 à Shanghai en Chine. Depuis 1980, il s’est établi en France et travaille entre Dijon et Paris. Connu pour ses gigantesques portraits, notamment de Mao, il est également un peintre d’histoire et de faits divers (dont nous parlerons dans un autre article). Sa peinture questionne les notions de portrait, d’image, d’effigie,  ou d’icône liées à celles de la représentation et de la picturalité, de la figuration et de l’abstraction, de l’identité et de l’humanité, du même et de l’impermanence.

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