Les aventures du juge Ti (1) : Robert Van Gulik

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Grand érudit et véritable polyglotte, le hollandais Robert Van Gulik (1910-1967) s’est initié à la poésie et à la calligraphie chinoises, au tibétain, au sanscrit, à la philosophie bouddhiste. C’est en 1948, au Japon, qu’il traduit un roman policier chinois, le Dee Gong An, ou Affaires résolues par le juge Ti, authentique fonctionnaire de l’époque Tang. S’inspirant de l’art des vieux récits chinois, il écrit alors 24 récits policiers fictifs, qui font découvrir au lecteur occidental maints aspects de la vie sociale de la Chine des Tang.

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YAN Lianke : Songeant à mon père

Yan Lianke, Songeant à mon père, Ed.Piquier, 2010

Né en 1958 dans une famille de paysans illettrés du Henan, Yan Lianke s’engage dans l’Armée populaire en 1979, dont il est limogé en 2004. Il a d’abord été écrivain officiel de l’armée, avant de composer des œuvres puissantes et empreintes de liberté, souvent mises à l’index par la censure. « Je ne veux me rendre ni au pouvoir politique ni au marché. Je préfère garder ma dignité, même si cela signifie mourir de faim. J’ai cette conviction dans le sang. » En 1984, il est diplômé de département politique de l’université du Henan et, en 1991, diplômé de la section de littérature de l’Académie des Beaux-Arts. Il a reçu en 2014 le prix Franz Kafka pour l’ensemble de son œuvre. « Songeant à mon père » paraît en 2008 et est traduit en français, en 2010. 

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Yan Pei-Ming (1): Le portrait revisité

YAN PEI-MING, Yan Pei-Ming- Blue Portrait of the Artist, 2016, oil on canvas, 50 × 50 cm. Courtesy MDC Hong Kong.

Yan Pei-Ming (严培明 ) est un artiste peintre français d’origine chinoise, né en 1960 à Shanghai en Chine. Depuis 1980, il s’est établi en France et travaille entre Dijon et Paris. Connu pour ses gigantesques portraits, notamment de Mao, il est également un peintre d’histoire et de faits divers (dont nous parlerons dans un autre article). Sa peinture questionne les notions de portrait, d’image, d’effigie,  ou d’icône liées à celles de la représentation et de la picturalité, de la figuration et de l’abstraction, de l’identité et de l’humanité, du même et de l’impermanence.

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Histoire et art du thé en Chine (2)

Femme préparant le thé – Brique estampée – Dynastie Song (960-1219)Femme préparant le thé – Brique estampée – Dynastie Song (960-1219)

Sous la dynastie Song, le confucianisme ambiant avait créé une classe de lettrés qui s’adonnaient à des passe-temps raffinés telles que le poésie, la musique, la calligraphie et la culture du thé (cha wenhua). C’est à cette époque que s’organisent les concours de préparation et de dégustation pour identifier non seulement l’origine du thé mais également celle de l’eau utilisée. On se reçoit entre connaisseurs et on met en scène le thé en mettant en valeur ses accessoires qui évoluent en préciosité. Sous la dynastie Qing,  la théière et le gaiwan (tasse recouverte d’un couvercle) apparaissent.

Ci-contre,Femme préparant le thé – Brique estampée – Dynastie Song (960-1219).

 

 

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Histoire et art du thé en Chine (1)

Représentation du XIXe siècle de Lu Yu et du thé.

Représentation du XIXe siècle de Lu Yu et du thé.

Des empereurs, des paysans, des anachorètes taoïstes, des moines bouddhistes, des médecins ambulants, des mandarins (fonctionnaires lettrés de la vieille Chine), des artisans, des potiers, des poètes, des chanteurs, des peintres, des architectes, des jardiniers paysagistes, des membres de tribus nomades qui troquaient des chevaux contre des briques de thé et des hommes d’Etat qui se servaient du thé pour se débarrasser des candidats envahisseurs ont tous joué un rôle dans la longue histoire du thé en Chine. Cependant, jamais les Chinois n’ont mis au point une cérémonie du thé aussi élaborée que celle des Japonais (chanoyu, voir ici), ce qui, d’ailleurs, aurait été en contradiction avec le sentiment de spontanéité et de naturel, issu du taoïsme, inhérent au fait de boire du thé. Lire la suite de « Histoire et art du thé en Chine (1) »

Xinran : Mémoire de Chine

Xinran, mémoires de ChineXinran a parcouru toute la Chine, des métropoles aux provinces les plus  reculées. Elle a rencontré une génération, grands parents et arrières-grands-parents, qui décrivent avec leurs propres mots les transformations qui ont définitivement changé la Chine au cours du siècle passé. Ils parlent de leurs vies, de leurs espoirs, de leurs peurs, de leurs souffrances, de leur lutte, de leurs regrets — de ce qu’ils ont vu et ressenti — eux qui ont connu guerres, insurrections, persécutions, invasions, révolutions, famines, modernisation, occidentalisation, et qui ont survécu pour entrer dans le XXI ème siècle.

Traduction : Prune Cornet, Picquier Poche, éd.o. 2009, trad. 2010, 711 p.

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L’écriture chinoise : les origines

IMG_2551Nous commencerons par une légende concernant les origines de l’écriture chinoise, puis seront présentées trois écritures en fonction de leur apparition chronologique : l’écriture osécaille,  la grande sigillaire et la petite sigillaire. Les appellations de ces écritures diffèrent selon les époques et ne relèvent pas d’une grande cohérence : parfois le nom donné à un système d’écriture vient du support sur lequel elle a été employée (osécaille, par exemple), parfois de son emploi (sigillaire), parfois encore de son créateur (zhou). Le terme même d’écriture peut être exprimé par les vocables de wen, shu, shufa. Enfin, seront donnés quelques exemples de calligraphes employant la sigillaire du XVIIIème s. au XXème s.

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La pierre à encre : trésor des lettrés

pierre à encreLa pierre à encre (chinois 硯/砚 : yàn ; japonais 硯 : suzuri) est un outil d’Extrême-Orient utilisé en écriture, calligraphie et peinture. Elle sert à frotter un bâton d’encre dans de l’eau afin d’obtenir de l’encre de Chine liquide, pour pouvoir l’utiliser avec un pinceau à lavis. Elle est considérée comme l’un des quatre  trésors des lettrés, les autres étant le papier, le pinceau et l’encre. Certains ont affirmé que la stabilité remarquable de l’encre de Chine est due, entres autres, à la forte quantité de poussière minérale qui se mêle au noir de fumée au cours du frottement régulier du bâton d’encre contre la pierre. Gymnastique lente et nécessaire avant tout travail du pinceau, ce mouvement de va-et-vient de la main du peintre ou du calligraphe pour fabriquer son encre lui permet de rassembler son souffle, d’ordonner ses pensées, en même temps qu’il échauffe et délie le poignet et la main qui vont bientôt rentrer en action. Lire la suite de « La pierre à encre : trésor des lettrés »