Histoire et art du thé en Chine (2)

Femme préparant le thé – Brique estampée – Dynastie Song (960-1219)Femme préparant le thé – Brique estampée – Dynastie Song (960-1219)

Sous la dynastie Song, le confucianisme ambiant avait créé une classe de lettrés qui s’adonnaient à des passe-temps raffinés telles que le poésie, la musique, la calligraphie et la culture du thé (cha wenhua). C’est à cette époque que s’organisent les concours de préparation et de dégustation pour identifier non seulement l’origine du thé mais également celle de l’eau utilisée. On se reçoit entre connaisseurs et on met en scène le thé en mettant en valeur ses accessoires qui évoluent en préciosité. Sous la dynastie Qing,  la théière et le gaiwan (tasse recouverte d’un couvercle) apparaissent.

Ci-contre,Femme préparant le thé – Brique estampée – Dynastie Song (960-1219).

 

 

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Histoire et art du thé en Chine (1)

Représentation du XIXe siècle de Lu Yu et du thé.

Représentation du XIXe siècle de Lu Yu et du thé.

Des empereurs, des paysans, des anachorètes taoïstes, des moines bouddhistes, des médecins ambulants, des mandarins (fonctionnaires lettrés de la vieille Chine), des artisans, des potiers, des poètes, des chanteurs, des peintres, des architectes, des jardiniers paysagistes, des membres de tribus nomades qui troquaient des chevaux contre des briques de thé et des hommes d’Etat qui se servaient du thé pour se débarrasser des candidats envahisseurs ont tous joué un rôle dans la longue histoire du thé en Chine. Cependant, jamais les Chinois n’ont mis au point une cérémonie du thé aussi élaborée que celle des Japonais (chanoyu, voir ici), ce qui, d’ailleurs, aurait été en contradiction avec le sentiment de spontanéité et de naturel, issu du taoïsme, inhérent au fait de boire du thé. Lire la suite de « Histoire et art du thé en Chine (1) »

Chanoyu : la cérémonie du thé au japon

Kasmatsu, Tea Ceremony

Kasmatsu, Tea Ceremony

Le terme japonais cha-no-yu (littéralement : eau chaude pour le thé) est traduit par « cérémonie du thé » en français, ce qui donne une impression de formalité solennelle. Le terme de sadô ou chadô est également employé et signifie voie du thé (Concernant la signification du mot en japonais, voir ici.). D’un côté, nous avons le « rituel ou le service » du thé (chanoyu) et de l’autre la « voie, l’art, le chemin » du thé (chadô). Le premier parlera d’actes, le second de signification et de spiritualité. Bien qu’il s’agisse des deux versants d’une même réalité, nous parlerons ici de chanoyu. L’on peut se faire une idée du chadô( sadô) à travers le livre de Soshitsu Sen, Vie du thé, esprit du thé (voir ici). L’emploi de ces termes est inscrit dans l’histoire générale de la cérémonie du thé et du bouddhisme zen.

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Les objets du thé au Japon

objets du thé-Totoya Hokkei ( 1780–1850) Periode Edo © met museum

objets du thé-Totoya Hokkei ( 1780–1850) Periode Edo © met museum

Pour une cérémonie du thé, plusieurs ustensiles sont nécessaires, mais on ne considère pas ces objets comme simplement utilitaires ou comme objets de valeur d’un art ancien. Calligraphie, bouilloire, pot à thé, bol, cuillère à thé, fouet pour mélanger la poudre du thé vert (macha), etc. sont « comme un miroir dans lequel se reflète l’âme de l’hôte« . La haute qualité de l’artisanat dans la conception des ustensiles de thé saute aux yeux.  Tous les objets de la cérémonie du thé sont entretenus et manipulés avec une précaution et une précision exquises et sont scrupuleusement nettoyés avant et après chaque utilisation et encore une fois avant leur rangement. Certains des composants ne doivent être manipulés qu’avec des mains gantées. Les objets présentés seront d’époques et de provenances diverses, chacun d’eux pourrait donner lieu à tout un historique.

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Chabana : fleurs pour le thé

chabana, mansakuAlors même que le style Rikka et l’ikebana voyaient le jour au XVIème siècle, un mouvement extrêmement différent faisait son apparition sous l’influence du bouddhisme zen et de la cérémonie du thé. Sous l’influence du grand maître de thé Sen no Rikiû, la cérémonie du thé « chanoyu » s’organise dans une petite hutte rustique (chachitsu) au décor minimaliste et extrêmement simple. Réputé pour ses compositions florales, il lui arrivait de créer un arrangement spécialement pour la cérémonie du thé, arrangement qui ne comportait généralement qu’une fleur. Disposé dans le tokonoma (alcôve), cet arrangement était connu sous le nom de « chabana« , ou « fleurs pour le thé » et leur simplicité était l’antithèse complète du style Rikka, le plus complexe de l’ikebana.

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Chashitsu : le pavillon de thé

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chashitsu Fushin-an, Kyoto

Chashitsu (cha: thé et shitsu : pièce) peut désigner une pièce, mais aussi un pavillon tout entier. Ce terme apparaît pour la première fois en 1609 dans le Recueil de textes du moine Nanpo (Nanpobunshû). Pourtant ce n’est qu’à partir de la fin de l’époque Edo (1603-1867) que son emploi va réellement se généraliser. Jusque là, différents noms ont été utilisés pour désigner un petit espace où se retrouvent l’hôte et les invités pour boire du thé : kaisho (lieu de rencontre), sukiya, sôan (cabane de chaume), kakoi (enclos), etc. Toutes ces expressions sont révélatrices des différents aspects du pavillon de thé. Lire la suite de « Chashitsu : le pavillon de thé »

Roji : le jardin de thé

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Kyoto, maison de thé, Fushin-an

Conçu par les maîtres de thé à la fin de l’époque Muramachi, le roji atteint sa forme définitive au début de l’époque Edo. Alors que le jardin sec (kare sansui) et le jardin promenade (keiyû shikitteien) sont des lieux conçus pour être contemplés, la particularité du roji (jardin qui mène au pavillon de thé) est d’être avant tout un lieu de passage. Le caractère « ro » signifie chemin. A l’origine la notion de cheminement qui caractérise ce jardin était donc évidente. Il s’agit de l’allée qui conduit au pavillon où va se dérouler la cérémonie du thé. Les premiers pavillons de thé ont été construits dans les jardins qui se trouvaient en arrière des maisons urbaines japonaises. Pour y accéder, il était donc indispensable de passer par une venelle. Petit à petit, ce passage obligatoire est devenu le lieu d’aménagements particuliers et de rituels qui étaient l’expression d’une esthétique et d’un état d’esprit propres à la cérémonie du thé.

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Le Raku : Chôjiro et successeurs

Le fondateur : Chōjirō

(ou Rakuchōjirō : 1515/16-1989/90) est le fondateur du style raku-yaki. Il est le fils d’un certain Ameya, artisan potier originaire de Chine. Sa rencontre avec le maître de Thé Sen no Rikyû (1522-1591) l’amène à créer des chawan (bols à thé) destinés à la cérémonie du thé, le cha-no-yu, empreinte de l’influence du zen. Le thé est l’objet de la cérémonie et les bols ne doivent pas détourner l’attention par leur beauté ou leur raffinement.

Chojiro,Oguro

Chôjirô, Ôguro (grand noir), bol Raku noir (XVIe siècle), bien culturel important du Japon. Collection privée

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Kazuzo Okakura, le livre du thé

Kakuzo Okakura, Le livre du théKazuzo Okakura, Le livre du thé, Ed. Payot, Coll.Rivages poche, 139 p. Traduction de l’anglais par Gabriel Mourey.

La cérémonie du thé est un culte basé sur l’adoration du beau parmi les vulgarités de l’existence quotidienne. Il inspire à ses fidèles la pureté et l’harmonie.(…) Il est essentiellement le culte de l’imparfait, puisqu’il est un effort pour accomplir quelque chose de possible dans cette chose impossible que nous savons être la vie.

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Inoue Yasushi, Le maître de thé

Inoue Yasushi, Le maître de thé, 1991, Edition Stock, coll. biblio livre de poche, Traduction de Tadahiro Oku et Anna Guerineau, 158 p.

Inoue Yasuchi,Le maitre de théLe Maître de Thé est l’avant-dernier roman d’Inoué Yasushi, publié en 1981 au Japon, et traduit en français en 1991, année de sa mort à l’âge de 83 ans. En 1989, le réalisateur Kumai Kei en avait signé une adaptation au cinéma,  sous le titre français La Mort d’un Maître de Thé (Sen no Rikyû). Inoué avait, par le passé, déjà consacré au célèbre maître de thé une nouvelle intitulée La mort de Rikyû. Le personnage et son suicide l’intéressèrent donc à plusieurs reprises.

Un narrateur anonyme se trouve en possession d’un manuscrit original, anonyme lui aussi et sans titre. Il annonce l’avoir retranscrit en langue moderne, présumant qu’il s’agissait du « Journal d’un expert en cérémonie du thé qui vécut au début du XVIIe siècle », et plus exactement celui d’un homme de thé. Nous ne savons rien de la façon dont le manuscrit est parvenu entre ses mains. Peut-être a-t-il été rédigé par le moine nommé Honkakubô, avance-t-il. D’emblée, le narrateur explique qu’il a d’ailleurs pris le parti d’intituler le manuscrit, par lui remanié, Les Cahiers posthumes du moine Honkakubô, et qu’il s‘agit de l’ouvrage que nous nous apprêtons à lire.

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